LA PLANCHE A TRACER.

LA PLANCHE A TRACER.

Qu’avons-nous demandé lors de notre première entrée dans la loge ? la lumière VÉNÉRABLE MAITRE !

Que cette lumière nous éclaire : « Éclaire : ce que je construis, ce que je suis »

S’il y a une lumière en nous, c’est que le grand architecte l’y a placée, et non quelques maitres terrestres. Si donc le grand architecte a mis en nous cette lumière, il faudra qu’elle se manifeste, qu’elle brille et que voient clair, par elle, ceux qui souhaitent être éclairées. PARACELSE.1493-1541(les secrets de la création.

La connaissance de la vérité absolue étant inaccessible à l’homme, l’appréhension du divin ne se fait qu’au terme d’une évolution spirituelle qui ne s’obtient que par la révélation ou par l’initiation, suivant le niveau de détermination de la FOI que l’homme possède ou ne possède pas. Mais s’il ne possède pas naturellement la foi par le cœur, au terme d’une initiation comprise comme une démarche spirituelle par excellence, il s’ouvrira à la connaissance par l’esprit.

Ces deux voies ne sont pas incompatibles, les deux révèlent

Si je devais résumer en quelques mots ma vision du  sacré, je dirais, (c’est le saint des saints qui est en chaque être humain), le lieu intérieur ou chaque être humain va nommer ce qui le transcende, le lieu par lequel il va reconnaitre l’autre, et le lieu qu’il va reconnaitre  en l’autre pour l’aimer. Pour parvenir en ce lieu il nous faut trouver la clef.

LA MORT SYMBOLIQUE, (le symbole éclaire).

Le bandeau, compagnon imposé de nos premiers pas vers la lumière, reste sans doute le symbole qui, dans un premier temps, nous permettra d’approcher le mieux cet éveil qu’est l’initiation.

Au-delà de la vision profane et bien trop souvent matérielle du monde, le travail en loge (l’accouchement) éveille progressivement notre conscience aux réalités de l’univers, jusque-là masquées par le soleil des certitudes et des habitudes de pensée. Tout notre chemin initiatique consistera ainsi, de dépouillement en dépouillement, à abandonner progressivement notre vision égocentrique, trop souvent matérialiste et primaire, pour devenir peu à peu capables de percevoir les étoiles par-delà la lumière du soleil. « Meurt et deviens, ordo ab chao »

C’est avec les lumières du passé qu’on se dirige dans l’obscurité de l’avenir !

Ainsi le travail d’éveil  initiatique que fait le franc-maçon en loge est éclairées par les étoiles rendus visibles, donc par des lumières  provenant d’un lointain passé enfoui dans la mémoire individuelle.

En effet, à mon sens c’est bien à cela, que conduit le chemin initiatique, c’est bien à cela que le franc-maçon est appelé par son initiation. Ces étoiles que l’on fait apparaitre pour éclairer notre travail en loge ont chacune leur reflet sur le plateau du vénérable maitre et des surveillants, des trois qui la dirigent.

(Sagesse force et beauté)

C’est que les lumières du passé qui vont éclairer notre chemin d’éveil nous sont transmises par nos frères. La loge est bien notre maitre et cette transmission des lumières du passé n’est autre que la transmission vivante. Ainsi l’épreuve du bandeau peut se comprendre comme le tout premier acte de l’initiation, le tout premier pas, préalable à l’éveil et à la transmission de cette tradition. La loge doit fermer les yeux du profane à la lumière du soleil (tout ce qui brille d’un éclat trompeur), pour lui permettre de prendre conscience des étoiles, et le mettre sur le début du chemin, chemin qui le conduira vers une triple harmonie, harmonie avec l’univers, harmonie avec les autres et harmonie avec lui-même. (Souvenez-vous mes frères du miroir).

Par trois marches

Les pas de l’apprenti le conduisent du parvis profane à l’égrégore de l’atelier, en ligne droite, ligne sans doute comparable au fil à plomb de son second surveillant, puisque elle relie ce qui est en bas à ce qui est en haut.

Le compagnon lui gravit cinq marches et s’en échappe, partant sur le côté, introduisant une nouvelle dimension, différente de la première. Avec deux dimensions, il crée un plan. Serait- ce donc un plan similaire à celui de la terre. C’est la surface de la terre qu’il doit parcourir dans ses voyages, sur laquelle il doit fonder ses constructions, la surface à niveau d’égalité de tous les hommes qu’il va rencontrer.  (Faire son pèlerinage de l’occident vers l’orient…..)

La septième marche gravies

 Voilà que le pied du maitre décolle de la terre, et défie l’apesanteur pour décrire une courbe. Nous nous échappons d’ores et déjà de cette lourde attraction terrestre pour parcourir une courbe, comme le fond les astres dans le ciel ! N’est –ce pas le vrai début d’une toute autre aventure ? Ou bien est-ce la continuation de la même aventure par d’autres moyens, la continuation de la même quête mais en lui en donnant son vrai sens.

L’instruction du grade de maitre nous parle de cette connaissance : (tandis que les pas de l’apprenti et du compagnon se font au ras du sol, ceux du maitre enjambant le corps d’Hiram, décrivent une courbe qu’on trace au compas c’est donc le passage du domaine du tangible à celui des idées . Enfin le passage du maitre par-dessus le tombeau fait allusion aux plus grands mystères, sur lesquels il convient de méditer en silence)

Il est en effet significatif que ce pas essentiel, cette rupture, ce changement profond, se fasse en enjambant un cadavre, en étant confronté à la mort. Car il semble bien que dans l’histoire de l’homme, ce soit cette inéluctable architecture de notre vie, cette inéluctable architecture de l’univers, qui l’ait conduit, individuellement et collectivement, à considérer qu’il y a peut-être autre chose dans la vie que l’accumulation de plaisirs, de pouvoirs ou de richesses.

C’est seulement ainsi, nous dit le rituel, (que tous les maitres maçons, affranchis d’une mort symbolique, viennent se réunir avec les anciens compagnons de leurs travaux et que tous ensemble, les vivants et les morts, assurent la pérennité de l’œuvre). Serait-ce la perception inéluctable de notre propre mort qui seule nous permettrait d’avancer un peu dans notre quête ? Sommes-nous engagés dans une œuvre qui s’inscrit bien au-delà des générations humaines ?

L’élévation à la maitrise nous a ainsi ouvert la voie de la quête de cette connaissance perdue, de cette parole perdue.

La parole perdue à mon sens est le symbole du lien coupé avec la transcendance, avec la perception des choses qui nous dépassent, de ce qui dépassent la vision matérielle des choses, à la fois en l’homme et dans l’univers. La parole perdue c’est ce lien avec le principe de l’architecture de l’univers dont nous avons la nostalgie parce- que nous pensons l’avoir eu, et l’avoir perdu.

(L’homme libre est celui qui après être mort aux préjugés du vulgaire, s’est vu renaitre à la vie nouvelle que confère l’initiation

C’est ainsi que j’ai ressenti le passage à la maitrise, comme un autre regard. Nous passons d’une perception intellectuelle à une perception du cœur. La perception du cœur c’est la spiritualité qui s’ouvre à moi. La vie est la même mais elle prend une autre valeur.

La fusion de l’équerre (carré de la terre) avec le compas (vision de l’esprit), me laisse envisager que mon chemin sera conduit par l’esprit et la rectitude, l’équerre, la terre nourricière, c’est le carré le chiffre 4 du socle, de la base. Le terre-plein ferme d’où l’on s’élance. Dès lors nous entrons dans un nouveau cycle dont le troisième degré est la préparation, le germe, le tremplin.

Nous allons passer de l’équerre au compas, du carré aux sphères, du matériel au spirituel, par les chemins de la connaissance. Afin que chaque initié puisse décoller du carré de glaise ou il a les pieds enchevêtres, vers les sphères dans la pluralité « multiplicité » de leurs conceptions afin que chacun y trouve profit et joie.

Les mauvais compagnons représentent la face obscure de l’homme au sein duquel se livre le combat éternel des forces du bien et du mal. ORDO AB CHAO.

Mais ces mauvais compagnons ne sont-ils pas inhérents à la nature humaine depuis la chute du paradis perdu ? (Séparation avec la source) nous pensons l’avoir eu et nous l’avons perdue).

Le caractère inaccessible à l’homme de la vraie lumière, n’interdit pas pour autant la recherche de la parole perdue ni son » approche » par une tentative permanente de rassembler en nous ce qui est épars  …. Écouter sa nature terrestre, l’appel à la multiplication des désirs dont l’intellect est l’agent et écouter sa nature « divine » l’appel de l’esprit. TRAVAILLONS et PERSÉVÉRONS, puisque c’est au pied du mur que l’on reconnait un maçon, qu’importe la façon dont le mur est construit, avec la foi ou bien la connaissance mais avant de construire mes frères, abattons, surtout ceux de l’ignorance, du fanatisme et de l’ambition.

La fusion de l’équerre et du compas accompli (l’ordre émergera autant soit peu du chaos) pour apporter mesure et équilibre au nouveau maitre (HIRAM substitué) qui réapparait plus radieux que jamais.

L’initiation en soi ( le passage à la maitrise ) est un exil, les premiers mots entendus lors de notre initiation maçonnique nous appelaient déjà à l’abandon de nos métaux (tout ce qui brille d’un éclat trompeur ) apprendre à se détacher du monde profane pour tenter d’être libre ,voilà le chemin du jeune maitre, l’ abandon des métaux que sont les positions de pouvoir dans notre société, abandon des métaux  que sont les mots et les idées toutes faites de notre civilisation profane, pour ne reprendre que les idées qui se cachent derrière les mots , et n’accepter que celle que l’on juge vraies .

Ainsi notre chemin initiatique-apprendre à se détacher du monde profane pour être libre- n’est qu’une succession de séparations, de ruptures avec le monde, c’est donc en soi un travail d’exil, un chemin d’exil. Un exil profond et définitif si l’on se réfère à l’instruction du premier degré qui définit ainsi la liberté que nous cherchons à atteindre : « l’homme libre » est celui qui, après être mort aux préjugés du vulgaire, s’est vu renaitre à la vie nouvelle que confère l’initiation. »

Apprendre à se détacher du monde profane pour tenter d’être libre c’est en fait revivre le mythe de la caverne de PLATON, être éveillé par l’initiation à reconnaitre que les ombres que la société admirent ne sont pas la lumière, s’exiler c’est se tourner vers la lumière, secouer ses chaines pour être libre et partir. Partir, c’est-à-dire l’exil, l’exil à la société profane, l’exil par rapport à ceux qui, encore enchainés, regardent ? Le théâtre d’ombres se mouvoir dans le monde profane. Partir effectuer son pèlerinage (va vers) aller à la recherche de cette parole qui a été perdue. Comme dans la caverne, ce que nous percevons n’est pas la réalité, mais une réalité substituée, la vraie réalité à mon sens est dans la lumière insoutenable à l’extérieur et avec travail et persévérance le jeune maitre   pourra enfin percevoir (briller) les étoiles à travers la fulgurance du soleil. (Le voile d’Isis)

 Avant de terminer mon tracer VÉNÉRABLE MAITRE, je me dois de vous faire un aveu, je vous ai trompé, le tablier que vous a présenté mon frère expert lors de mon passage à la maitrise, n’est pas pur ni sans tâches, il est encore souillé de scorie résidu de mon appartenance au monde profane dont l’orgueil en est l’emblème. Mais V.M. et vous tous mes frères si vous m’avez permis d’accéder à la maitrise vous avez du apercevoir aussi au centre de mon tablier, ce petit point minuscule en son milieu « mon axis-mundi », et dans son centre, l’étoile flamboyante mon étoile, qui de pèlerinage en pèlerinage, de degrés en degrés, purifie et transforme en moi ce que j’étais pour me faire devenir ce que je suis.

« Aucun homme ne peut rien vous révéler, sinon ce qui repose déjà endormi dans l’aube de votre connaissance » KHALIL GIBRAN

Pour terminer ce travail n’oubliez pas mes frères, On n’enseigne pas ce que l’on sait,

On enseigne ce que l’on est.

VÉNÉRABLE MAITRE, j’ai dit.  P.P.

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Commentaire de ce correspondant  : Bonjour mon frère, je viens de finir les tracées de lumière et j’en ai encore plein les yeux, je me languis de la prochaine édition, je me régale, merci d’avoir fait figurer mon travail sur ton site, si cela peut aider, j’en serai heureux. ma plus grande joie est quand même cette rencontre je vois d’ici tes yeux qui brille de savoir et de connaissance. Que te dire de plus mon frère que merci pour tout.
Tu as remis du baume dans mon cœur et je le sais, le meilleur reste à venir. Trois fois je t’embrasse et te souhaite tout le bonheur. P.P.

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